Laser diode et laser Er:YAG : fonctionnement, usages et limites
Un laser dentaire n'est pas un traitement en soi : c'est un instrument, dont l'effet dépend de sa longueur d'onde et de la main qui le guide. Cette page explique comment fonctionnent les deux lasers utilisés au cabinet de Levallois-Perret, le laser diode et le laser Er:YAG, dans quelles situations le Docteur Hazout les propose, ce que coûte le traitement et ce que les études permettent réellement d'en attendre dans le traitement de la parodontite.
Une question de longueur d'onde
Un laser émet une lumière d'une seule longueur d'onde, concentrée en un faisceau. Ce qui compte, c'est le tissu qui absorbe cette lumière : là où elle est absorbée, elle se transforme en chaleur ou en énergie mécanique ; là où elle ne l'est pas, elle traverse ou diffuse. Deux lasers de longueurs d'onde différentes n'ont donc ni les mêmes effets ni les mêmes usages, et l'on ne peut pas transposer les résultats de l'un à l'autre.

| Laser diode | Laser Er:YAG | |
|---|---|---|
| Absorbé surtout par | Les pigments : hémoglobine du sang, mélanine | L'eau contenue dans les tissus |
| Effet principal | Échauffement : coupe et coagulation des tissus mous | Ablation en surface des tissus mous et durs (os, tartre), avec peu de chaleur transmise |
| Mode d'emploi | Fibre optique fine, au contact du tissu | Pièce à main avec spray d'eau |
Le laser diode agit par la chaleur : sa lumière, absorbée par les pigments du sang et des tissus, coupe et coagule la gencive. Cette même chaleur, mal contrôlée, peut léser la dent ou l'os, ce qui impose une grande prudence près des racines, de l'os et des implants [2]. Le laser Er:YAG (erbium : grenat d'yttrium-aluminium) est très fortement absorbé par l'eau : il « vaporise » une fine couche de tissu, y compris d'os ou de tartre, en ne laissant qu'une zone modifiée d'environ 10 à 20 micromètres sur la racine [1]. Il travaille sous un spray d'eau qui refroidit la surface.

Sur la gencive : les gestes où le laser apporte un réel confort
C'est en chirurgie des tissus mous que l'intérêt pratique du laser dentaire est le plus net. Le laser diode coupe en coagulant, ce qui limite le saignement. Les gestes concernés sont les suivants :
- Gingivectomie et remodelage de la gencive : retrait d'un excès de gencive, correction d'un contour irrégulier, dégagement d'une dent ou d'un implant avant une prothèse.
- Freinectomie (section d'un frein de lèvre ou de langue trop court) : une revue systématique de 2021 rapporte moins de saignement, souvent aucune suture et moins de douleur postopératoire qu'au bistouri, sur la base d'études peu nombreuses et hétérogènes [6].
- Hémostase : arrêt d'un saignement local pendant ou après un geste chirurgical.
- Petites lésions de la muqueuse à retirer, après avis diagnostique.
Le laser Er:YAG peut aussi être utilisé pendant une chirurgie parodontale pour nettoyer la surface d'une racine ou d'un défaut osseux [1]. C'est alors un outil parmi d'autres, au choix de l'opérateur ; aucune supériorité clinique nette n'est établie face aux instruments classiques. Le remodelage de la gencive au laser, utilisé pour corriger un sourire gingival, est présenté sur la page Esthétique gingivale.
Dans les poches parodontales : un complément au surfaçage, pas un substitut
On présente souvent le laser comme un moyen de « désinfecter » les poches parodontales, ces espaces qui se creusent entre la gencive et la racine quand la parodontite détruit l'attache. Le laser diode peut effectivement y être introduit par une fibre fine, et le laser Er:YAG peut y retirer du tartre et du tissu inflammatoire. La question n'est donc pas de savoir si le laser agit dans la poche, mais s'il apporte quelque chose de plus que le nettoyage mécanique des racines, le surfaçage radiculaire, qui reste la base du traitement.
Les essais cliniques examinés pour la recommandation européenne de 2020 n'ont pas montré de bénéfice suffisant lorsque le laser s'ajoute au nettoyage mécanique des racines. La Fédération européenne de parodontologie (EFP) suggère de ne pas utiliser les lasers en complément de l'instrumentation sous-gingivale [3], en s'appuyant notamment sur une revue systématique qui n'a pas pu démontrer d'avantage cohérent, tant les appareils et les réglages variaient d'une étude à l'autre [4]. Cette position ne dit pas que le laser est nuisible ; elle dit que son bénéfice supplémentaire n'est pas établi.
Autour des implants, la recommandation européenne de 2023 ne suggère pas non plus d'ajouter un laser diode au nettoyage professionnel d'une mucosite, ni d'utiliser les lasers pour traiter une péri-implantite, que ce soit en complément ou seuls [5]. Le Docteur Hazout n'utilise donc pas le laser pour « désinfecter » un implant ; la prévention et le traitement des maladies péri-implantaires sont expliqués dans l'article Entretenir ses gencives autour des implants.
Au cabinet, le laser est néanmoins proposé dans certaines poches, après le surfaçage et jamais à sa place. Le patient en est informé : il s'agit d'un complément dont les études attribuent au mieux un bénéfice additionnel modeste, et dont la justification tient à des situations précises, décrites ci-dessous. Le détail des études, leurs résultats chiffrés et ce qui reste à démontrer sont rassemblés dans l'article Lasers diode et erbium : que disent les preuves ?

Dans quelles situations le Docteur Hazout propose un laser, et lequel
Le principe retenu est simple : le nettoyage mécanique reste la base du traitement de la parodontite ; le laser est proposé lorsqu'il peut apporter un avantage concret pour un geste précis. En pratique, trois situations reviennent.
- Des poches parodontales profondes ou résiduelles. Lors du traitement initial, ou à la réévaluation si certaines poches n'ont pas suffisamment diminué, le laser diode peut être passé dans la poche après le surfaçage pour agir sur la paroi de gencive inflammatoire, et le laser Er:YAG pour retirer des dépôts résiduels sur la racine avec peu d'échauffement. Le choix de l'un ou de l'autre dépend de la profondeur de la poche, de l'anatomie de la racine et de l'état de la gencive.
- Une gencive inflammatoire et épaissie. Quand la gencive reste gonflée malgré le nettoyage, le laser diode permet de retirer ou de remodeler le tissu inflammatoire en limitant le saignement.
- Un geste sur la gencive : gingivectomie, remodelage, freinectomie, hémostase, décrits plus haut. C'est là que l'intérêt du laser est le mieux documenté.
À l'inverse, le laser n'est pas proposé seul pour traiter une parodontite, ni pour désinfecter la surface d'un implant, ni comme substitut à la maintenance parodontale, qui reste le facteur décisif de la stabilité des résultats dans la durée.
La place du laser dans le traitement de la parodontite
Le laser ne fait pas l'objet d'une séance à part. Il complète, dans certaines poches, le traitement parodontal initial, réalisé au cabinet sur l'ensemble de la bouche, six sextants, en une seule séance sous anesthésie locale, aux inserts ultrasonores et aux curettes ; il ne remplace pas ce nettoyage mécanique. Les modalités, le déroulement et les consignes sont expliqués au cabinet, selon votre situation. Le principe du traitement, du bilan à la réévaluation, est présenté sur la page Comment se soigne une parodontite.
La séquence ci-dessous résume l'approche du cabinet, du nettoyage des racines à l'objectif de la régénération, avec le laser Er:YAG. Le but recherché est une nouvelle attache le long de la racine ; elle dépend de la forme du défaut, du contrôle de la plaque et du tabac, et n'est pas obtenue dans tous les cas. La régénération parodontale est détaillée sur sa propre page.
La sécurité d'un laser dentaire
Un laser est un instrument puissant dont la sécurité repose sur trois éléments : des lunettes de protection adaptées à la longueur d'onde, portées par le patient et par l'équipe ; des réglages de puissance et de durée d'impulsion choisis pour le tissu visé ; une zone de travail contrôlée, avec une signalisation pendant l'utilisation. Le risque principal est thermique : un laser diode mal réglé ou maintenu trop longtemps au même endroit peut brûler la gencive, l'os ou la surface d'un implant [2]. Le laser Er:YAG, refroidi par l'eau, transmet peu de chaleur, mais il retire de la matière et demande la même précision.
Le coût du traitement avec laser
Le traitement parodontal initial de l'ensemble de la bouche, les six sextants en une séance, est facturé 1 440 € sans laser et 1 800 € avec l'apport des lasers diode et Er:YAG. Ces montants sont globaux : ils couvrent toute la bouche et ne se décomposent pas par zone. La différence correspond au temps supplémentaire et à l'usage de l'équipement ; elle est discutée avant le traitement, et le choix de recourir ou non au laser appartient au patient, informé du caractère modeste du bénéfice attendu. Les gestes isolés sur la gencive au laser font l'objet d'un devis. Ces soins ne sont pas remboursés par l'Assurance maladie ; une complémentaire santé peut en prendre une partie en charge selon le contrat. L'ensemble des honoraires figure sur la page Tarifs et honoraires.
Limites : ce que le laser ne fait pas
Il est utile de le dire clairement, parce que le laser dentaire est souvent présenté comme une solution en soi. Le laser ne guérit pas une parodontite sans surfaçage : les racines doivent être nettoyées mécaniquement. Il ne fait pas repousser l'os perdu ; seule une chirurgie de régénération, dans des défauts de forme favorable, permet d'en reconstruire une partie. Il ne dispense pas de la maintenance parodontale ni de l'arrêt du tabac, qui pèsent bien plus sur le résultat à long terme que l'instrument utilisé en séance. Enfin, les pourcentages de bactéries détruites que l'on lit parfois proviennent de mesures de laboratoire ou de prélèvements immédiats : ils ne disent rien du résultat clinique durable, qui est ce que mesurent les essais randomisés.
Ce que l'on peut raisonnablement attendre, c'est un complément dans des situations ciblées, un confort réel pour les gestes sur la gencive, et une transparence sur l'état des preuves. Les recommandations évoluent avec les nouveaux essais ; cette page sera mise à jour si leur position change.
Questions fréquentes
Le laser peut-il guérir une parodontite sans surfaçage ?
Non. Les recommandations européennes ne le proposent ni seul, ni en complément du nettoyage des racines, faute de bénéfice clinique démontré. Au cabinet, il n'intervient qu'après le surfaçage, dans des poches choisies, comme un complément dont le bénéfice attendu est modeste.
Laser diode ou laser Er:YAG : lequel est utilisé ?
Les deux, selon le geste. Le laser diode, absorbé par les pigments, sert sur la gencive : tissu inflammatoire dans la poche, gingivectomie, hémostase. Le laser Er:YAG, absorbé par l'eau, retire les dépôts sur la racine avec peu d'échauffement. Le choix est fait pour chaque patient et expliqué avant le traitement.
Le laser est-il dangereux ?
Bien utilisé, avec protection oculaire et réglages adaptés, il est sûr. Les risques viennent surtout d'un échauffement excessif des tissus, en particulier avec le laser diode près de l'os ou d'un implant.
Combien coûte le traitement avec laser ?
Le traitement parodontal initial de toute la bouche, six sextants en une séance, est de 1 440 € sans laser et de 1 800 € avec laser. Il s'agit de montants globaux, non remboursés par l'Assurance maladie ; le détail est sur la page Tarifs.
Références
- Aoki A, Mizutani K, Taniguchi Y, Lin T, Ohsugi Y, Mikami R, Katagiri S, Meinzer W, Iwata T. Current status of Er:YAG laser in periodontal surgery. Jpn Dent Sci Rev. 2024;60:1-14. DOI
- Al Asmari D, Alenezi A. Laser technology in periodontal treatment: benefits, risks, and future directions—A mini review. J Clin Med. 2025;14(6):1962. DOI
- Sanz M, Herrera D, Kebschull M, et al. Treatment of stage I-III periodontitis-The EFP S3 level clinical practice guideline. J Clin Periodontol. 2020;47 Suppl 22:4-60. PubMed
- Salvi GE, Stähli A, Schmidt JC, Ramseier CA, Sculean A, Walter C. Adjunctive laser or antimicrobial photodynamic therapy to non-surgical mechanical instrumentation in patients with untreated periodontitis: A systematic review and meta-analysis. J Clin Periodontol. 2020;47 Suppl 22:176-198. DOI
- Herrera D, Berglundh T, Schwarz F, Chapple I, Jepsen S, Sculean A, Kebschull M, Papapanou PN, Tonetti MS, Sanz M; EFP workshop participants and methodological consultant. Prevention and treatment of peri-implant diseases-The EFP S3 level clinical practice guideline. J Clin Periodontol. 2023;50 Suppl 26:4-76. DOI
- Lebret C, et al. Perioperative outcomes of frenectomy using laser versus conventional surgery: a systematic review. J Oral Med Oral Surg. 2021;27:36. DOI
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